Pourquoi, comment ...

   

Jean-Luc Lefèvre n’est pas photographe, ou plutôt, il ne l’est pas au sens où on l’entend habituellement.
Nourri par sa passion pour la musique, le sexe et l’iconographie rock, il filme ses propres relations intimes avec sa partenaire, sans intention artistique préalable. Rien n’est scénarisé ni prévu à l’avance. Les images naissent d’un acte réel.
De ces films bruts, il extrait des images qu’il isole et qu’il retravaille. Progressivement, la crudité se métamorphose en une forme d’érotisme suspendu : gestes arrêtés, instants figés, regards. Il travaille ces images, les épure à sa manière, jusqu’à en faire émerger une matière plus organique. Au fil de ce travail apparaît un univers personnel où se mêlent chair, os, désir, douceur et présence brute.
Il s’inscrit alors, de manière diffuse, dans un imaginaire proche de celui de Cronenberg, Giger, Francis Bacon ou encore Egon Schiele, où les corps deviennent le lieu de métamorphoses, de tensions et de désirs.
Autodidacte, ce travail ne répond à aucune intention de démonstration ni de revendication. Il s’est construit progressivement à partir d’une recherche personnelle et intuitive. Il ouvre ainsi une réflexion plus large sur ce qu’est réellement la sexualité.
Il se réfère notamment au psychanalyste Wilhelm Reich, pour qui la sexualité constitue une énergie fondamentale de l’être humain, capable de libérer l’individu lorsqu’elle circule librement.
Encouragé par sa compagne, ainsi que par le photographe Pascal Gentil, il envisage ce travail non plus seulement comme une recherche intime, mais comme une œuvre à montrer et à partager, qui s’inscrit dans un cadre artistique et non dans celui de la pornographie, comme cela a parfois été perçu.
Ces images nous invitent et nous emmènent dans une dimension où le corps et le désir se réinventent sous une autre forme : la perte totale du contrôle et de l’ego, ainsi que la disparition du regard sur le corps (critères physiques et représentations sexuelles construites) nous ramènent à une sorte d’« état essentiel », voire primitif.
Une intimité nouvelle se crée entre l’image et l’observateur, pouvant l’amener à réfléchir sur l’incapacité que nous avons à concevoir une sexualité plus libre, plus ouverte, affranchie des normes et des représentations établies.


Tout n’est plus que chair et mouvement, abstraction totale de la pensée. Perte totale de l’identité.

   

 

                                                                                                                                    J.L Lefèvre (2026) - Odile Sigaud (2015 / 

                                                                                                                                                                                    

 

   Il y a parfois des sentiments, des émotions, des visions que seuls les peintres savent exprimer. Et puis il y a  cette réalité que seule la photo sait saisir.

Du-moins, c'est ce que je pensais avant de connaitre l'oeuvre de Jean-Luc. 
Dans ces visions floues des étreintes amoureuses, je vois jaillir la grâce des corps, des histoires de passions improbables, de ce point de jonction ultime de la vie et la mort, du bonheur et de la souffrance.
Parler de lui en le comparant à Egon Schiele serait une évidence anecdotique, Egon transposait sa souffrance morale dans sa peinture, Jean Luc parle du bonheur, de la vie.
Pour Jean-Luc, partager cette intimité, est un pied de nez au destin, sa façon de nous montrer que la vie est au centre de tout, et l'amour en est l'expression la plus belle.
L'instinct photographique de Jean-Luc est un diamant brut, j'ai appris à son contact que rien ne doit nous empêcher de créer et d'aimer, lui, il a trouvé la solution, il fait les deux en même temps !
                                                                                                                                    Pascal Gentil - 2015
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© Jean-Luc Lefevre